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Renault et Stellantis : vers une saison des résultats moins périlleuse ?

07 avr. 2026 3 min de lecture
Renault et Stellantis : vers une saison des résultats moins périlleuse ?

Le Stoxx Auto and Parts, indice paneuropéen regroupant constructeurs et équipementiers, cède 8,4% depuis le 1er janvier 2026. Un recul qui résume à lui seul la pression exercée sur le secteur automobile européen avant une saison des résultats que beaucoup anticipaient comme particulièrement éprouvante. Renault ouvrira le bal le 23 avril, suivi de Stellantis et Volkswagen le 30 avril, puis Ferrari et BMW début mai.

Un contexte sous haute tension avant les publications trimestrielles

Deux menaces ont dominé les esprits des investisseurs ces derniers mois. D'abord, l'offensive des constructeurs chinois sur les marchés internationaux. Citi estimait dès janvier que leur part de marché en Europe grimperait à près de 10% en 2026, contre 7% auparavant — une progression qui grignote mécaniquement les positions des groupes européens.

À cela s'est ajouté le conflit en Iran, dont les répercussions économiques inquiètent. Morgan Stanley évoquait fin mars une tempête parfaite pour les constructeurs du Vieux Continent : volatilité des coûts des intrants — pétrole, aluminium, électricité — hausse des complexités logistiques, et érosion de la confiance des consommateurs. La combinaison stagflation et pression compétitive chinoise formait un cocktail redouté.

Constructeur Date de publication Attente principale (UBS)
Renault 23 avril 2026 Revenus auto +2,7%, volumes -5 pts
Stellantis 30 avril 2026 Marge opérationnelle ~1,1%
Volkswagen 30 avril 2026 Marge en ligne avec objectifs 2026
BMW 6 mai 2026 Marge en ligne avec objectifs 2026

Morgan Stanley anticipait par ailleurs des révisions d'objectifs à la baisse pour plusieurs groupes. Pour Renault, la banque américaine prévoyait un abaissement de la marge opérationnelle vers une fourchette de 5 à 5,5%, contre 5,5% visé initialement, et une trésorerie ramenée entre 500 millions et 1 milliard d'euros. Stellantis pourrait, de son côté, revoir sa croissance de revenus de mid-single digit à un intervalle de 0 à 5%.

Des signaux encourageants qui relativisent le pessimisme ambiant

UBS tranche pourtant avec cette lecture sombre. La banque suisse juge la saison des résultats probablement meilleure que redoutée, soulignant une demande européenne étonnamment robuste et un mix produit solide sur le marché nord-américain. Stellantis, désigné comme le constructeur européen préféré d'UBS, devrait retrouver la rentabilité avec une marge attendue à 1,5% en Amérique du Nord — région stratégique pour le groupe.

Côté Renault, plusieurs éléments rassurent. Lors d'une conférence téléphonique début avril, le groupe a expliqué que la chute de volumes sur janvier-février résultait de difficultés logistiques chez Dacia : la fermeture effective du détroit de Gibraltar pendant dix jours a perturbé plusieurs milliers d'unités et fait chuter les immatriculations européennes de 15% sur les deux premiers mois. Ces impacts devraient se renverser dès le deuxième trimestre, selon Deutsche Bank.

Les expéditions de Stellantis au T1 méritent également attention. Voici les points saillants relevés par Citi :

  • Hausse globale des expéditions de 12% sur le premier trimestre
  • Progression de 17% en Amérique du Nord
  • Volume total de 1,36 million d'unités, soit 6% au-dessus des attentes

Deutsche Bank confirme ce rebond en notant que les constructeurs chinois ne progressent pas significativement en Europe au détriment des groupes allemands. La résilience du marché européen tient aussi à un carnet de commandes fourni, porté par les modèles thermiques comme par la nouvelle génération de véhicules électriques à batterie. Pour les investisseurs, l'attention se portera avant tout sur les taux de marges opérationnelles et la rigueur des programmes de réduction des coûts.

Renault et Stellantis : vers une saison des résultats moins périlleuse ?
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