Porsche traverse une période de mutation profonde. Le 8 mai 2026, le directoire et le conseil de surveillance du constructeur allemand ont officialisé la fermeture de trois filiales, entraînant la suppression de plus de 500 postes. Une décision brutale, mais cohérente avec le virage stratégique amorcé depuis plusieurs mois par le fabricant de la légendaire 911.
Trois filiales sacrifiées au nom du recentrage stratégique
La première victime s'appelle Cellforce. Cette filiale spécialisée dans les batteries haute performance emploie 50 personnes. Porsche juge que ses perspectives commerciales ne sont plus «suffisamment viables» pour justifier sa survie. Il faut dire que Cellforce avait déjà été sérieusement fragilisée : la production de batteries y avait été stoppée à l'été 2025, réduisant l'activité à de la seule recherche et développement, avec à la clé des centaines de licenciements. La fermeture définitive n'est que l'épilogue d'un lent déclin.
Vient ensuite Porsche eBike Performance, née pour concevoir et distribuer des systèmes de propulsion haut de gamme pour vélos électriques. Ses deux sites — l'un à Ottobrunn, dans la banlieue de Munich, l'autre à Zagreb en Croatie — représentent environ 350 salariés menacés. Un segment pourtant porteur, mais manifestement éloigné de ce que Porsche veut désormais incarner.
Troisième fermeture annoncée — Cetitec, éditeur de logiciels spécialisés dans la communication de données embarquées, travaillant aussi bien pour Porsche que pour l'ensemble du groupe Volkswagen. Environ 90 emplois disparaissent, répartis entre l'Allemagne et la Croatie. Voici un récapitulatif des suppressions de postes par entité :
| Filiale | Activité | Emplois supprimés |
|---|---|---|
| Cellforce | Batteries haute performance | ~50 |
| Porsche eBike Performance | Propulsion vélos électriques | ~350 |
| Cetitec | Logiciels communication données | ~90 |
Ces fermetures s'inscrivent dans un programme de réduction des effectifs bien plus large. Début 2025, Porsche avait annoncé la suppression de 1 900 postes sur un total de 42 000 salariés dans le monde, avec un but de réduction globale de 15 % d'ici 2029, en privilégiant des départs non contraints.

Un retour aux fondamentaux face aux turbulences du marché
Quand on suit de près l'évolution des motorisations depuis des années, la décision de Porsche sonne comme un aveu pragmatique : la transition vers le tout-électrique a été surestimée. Le constructeur l'a reconnu officiellement en remettant l'accent sur les motorisations hybrides et thermiques dès 2025, après avoir constaté que la demande pour les véhicules 100 % électriques progressait beaucoup moins vite qu'anticipé à l'échelle mondiale.
Les arbitrages financiers confirment cette lecture. En avril 2026, Porsche avait déjà annoncé la cession de ses participations dans Bugatti Rimac — joint-venture produisant certaines des automobiles les plus onéreuses et les plus rapides du marché — ainsi que dans la holding Rimac Group. Des actifs prestigieux, mais jugés trop périphériques pour une marque qui souhaite concentrer ses ressources sur ce qu'elle maîtrise mieux que quiconque.
Ce mouvement de désengagement suit une logique industrielle claire :
- Réduire les charges opérationnelles sur des activités non rentables
- Recentrer les investissements sur le développement des modèles emblématiques
- Préserver la rentabilité dans un contexte de marché instable
Pour qui observe le secteur automobile avec attention, ce repositionnement ne surprend pas vraiment. Porsche choisit la précision plutôt que la dispersion — une philosophie finalement assez proche de celle qui guide n'importe quel passionné de mécanique face à son garage : on garde l'essentiel, on élimine le superflu.