Le circuit automobile de Gueux, véritable sanctuaire de la course automobile implanté aux portes de Reims, s'apprête à retrouver une partie de son lustre d'antan. Grâce à une mobilisation exceptionnelle, 42 000 euros sur les 45 000 nécessaires ont été collectés via une souscription lancée par la Fondation du patrimoine. Cette somme considérable permettra de sauvegarder la tour des restaurants, symbole architectural de ce site inscrit aux Monuments historiques depuis 2004. Pour ceux qui s'intéressent aux parcours atypiques dans l'univers automobile, découvrez comment il gagne sa vie grâce aux vieilles voitures : cette reconversion va vous surprendre.
Un patrimoine centenaire à préserver d'urgence
Construit en 1926, le circuit de Gueux célèbre son centenaire cette année dans un état préoccupant. Les structures en béton armé souffrent cruellement de l'absence d'entretien depuis l'abandon du site en 1972. L'armature métallique, exposée aux intempéries, provoque l'éclatement progressif du béton par oxydation et contraction.
La tour des restaurants, édifice central s'élevant sur trois niveaux au cœur des stands, illustre parfaitement cette détérioration. À l'époque de sa splendeur, elle accueillait trois établissements de restauration pouvant servir simultanément près de trois cents convives. Aujourd'hui, les ouvertures béantes témoignent des décennies de négligence : menuiseries métalliques arrachées, vitrages disparus, portes volatilisées.
| Période | Événement clé |
|---|---|
| 1926 | Mise en service du circuit |
| 1947-1966 | Onze Grands Prix de Formule 1 organisés |
| 1972 | Fermeture définitive pour raisons de sécurité |
| 2004 | Inscription aux Monuments historiques |
| Novembre 2025 | Lancement de la collecte de fonds |
Les travaux de restauration, évalués à 83 000 euros au total, devraient débuter au printemps. L'entreprise rémoise AMV Métallerie, agissant étant mécène, fournira gracieusement matériaux et expertise pour recréer l'ensemble des menuiseries métalliques dans le respect des plans d'origine.
L'engagement des passionnés pour sauver une légende
Fabrice Gomes, président de l'association Les Passionnés du circuit de la Marne, exprime sa satisfaction face à cette mobilisation citoyenne. Les contributeurs, parfois modestes avec des dons de cinq ou dix euros, forment collectivement une force considérable. Chaque vendredi et dimanche, quinze à vingt bénévoles se retrouvent sur place pour œuvrer à la préservation de ce témoin exceptionnel.
Leur action s'inscrit dans la continuité de l'association Les Amis du circuit de Gueux, fondée au début des années 2000, qui avait littéralement sauvé le site de la destruction. Sans cette intervention providentielle, les bulldozers auraient achevé la démolition des passerelles, tribunes et bâtiments annexes.
Le circuit de Gueux demeure aujourd'hui l'unique tracé historique européen encore debout de cette époque. Contrairement au circuit des Essarts près de Rouen, entièrement rasé, il témoigne de l'âge d'or des compétitions automobiles. Les noms prestigieux résonnent encore : Jean-Pierre Beltoise, Maurice Trintignant et tant d'autres légendes ont marqué ces virages de leur talent.
Un passé glorieux révolu
Sans compter la Formule 1, l'autodrome accueillait les fameuses 12 Heures de Reims, surnommées le petit Le Mans. Cette épreuve d'endurance, démarrant à minuit pour s'achever le lendemain midi, attirait les pilotes déçus des 24 Heures du Mans, désireux de prouver leur valeur sur ce tracé exigeant.
Les raisons de la fermeture en 1972 tiennent à l'évolution rapide des performances mécaniques. La configuration du circuit, dépourvue de zones d'échappatoire et de dispositifs de retenue modernes, ne permettait plus de garantir la sécurité face aux vitesses atteintes. La mise aux normes représentait un investissement disproportionné, condamnant définitivement cette installation.
Aujourd'hui, les passionnés immortalisent régulièrement leur véhicule devant ces vestiges chargés d'histoire, perpétuant ainsi la mémoire d'un lieu où rugissaient jadis les mécaniques de course.
