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Moteur 1.2 PureTech : la décision choc de Stellantis

20 juin 2026 4 min de lecture
Moteur 1.2 PureTech : la décision choc de Stellantis

Plus de 50 millions de moteurs produits depuis 1969 : c'est le bilan colossal de l'usine de Douvrin, dans le Nord, avant que Stellantis n'annonce officiellement sa fermeture avant le 30 octobre 2026. Une décision communiquée lors d'un comité social et économique extraordinaire, qui signe aussi la fin de la fabrication française du moteur 1.2 PureTech à courroie. Un bloc que vous connaissez peut-être trop bien, pour de mauvaises raisons.

Douvrin, d'un partenariat historique à la fermeture programmée

L'histoire de ce site commence bien avant les controverses autour du trois-cylindres. Fondée en 1969 par Renault et Peugeot, la Française de mécanique avait une vocation originale : produire des mécaniques partagées entre deux rivaux. C'est elle qui assemblait le moteur X, présent dans la Renault 14 (commercialisée de 1976 à 1983) et dans la Peugeot 104, ainsi que le célèbre V6 PRV (Peugeot-Renault-Volvo), longtemps monté sous le capot des modèles haut de gamme français.

Le site a aussi donné son nom au "moteur Douvrin", un quatre-cylindres décliné en essence et diesel, que l'on retrouvait dans la Peugeot 505, la Citroën CX, certains Jeep Cherokee et plusieurs Renault, dont les premières générations d'Espace. Une polyvalence industrielle remarquable, qui tranchait avec la spécialisation forcée de ses dernières années.

Ce n'est qu'en 2013 que la Française de mécanique est devenue une filiale à 100 % du groupe PSA, avant que celui-ci ne fusionne avec Fiat-Chrysler pour former Stellantis en 2019. Dès lors, le site s'est retrouvé dans une zone industrielle en pleine mutation, rebaptisée "vallée de la batterie", sur le modèle californien. Difficile, dans ce contexte, d'imaginer un avenir pour un moteur thermique controversé.

Moteur Période de production à Douvrin Remarques
V6 PRV Années 1970-1990 Partagé entre Peugeot, Renault et Volvo
1.6 VTi/THP Années 2000-2010 Conçu avec BMW, problèmes de chaîne de distribution
1.5 BlueHDi Jusqu'en 2025 Production stoppée l'année précédant la fermeture
1.2 PureTech (EB2 Gen 2) Jusqu'au 30 octobre 2026 Dernier bloc assemblé sur site
Cinq moteurs de voiture exposés sur établi en atelier industriel

Un trois-cylindres controversé et un avenir hors de France

La fermeture de Douvrin ne résulte pas directement des problèmes de fiabilité bien documentés du 1.2 PureTech à courroie. Stellantis l'explique par l'érosion globale des ventes thermiques et des arbitrages industriels en faveur d'autres sites. Le successeur de ce bloc, désormais équipé d'une chaîne de distribution et qui évite soigneusement le label "PureTech", est fabriqué à Trémery, près de Metz. Il équipe aujourd'hui la quasi-totalité des motorisations hybrides légères du groupe, soit la majorité des ventes actuelles.

Quant au 1.2 à courroie original, il survive encore quelque temps à Tichy, en Pologne, sans être commercialisé en Europe occidentale. Sa fin de vie se joue donc loin de chez nous.

Côté social, Stellantis indique que :

  • 340 salariés ont rejoint la gigafactory voisine d'ACC, dédiée aux batteries des Peugeot 3008 et 5008 électriques Grande Autonomie ;
  • 337 autres ont bénéficié de dispositifs de mobilité interne, externe ou de plan senior ;
  • moins de 50 CDI restent à reconvertir, ainsi qu'une cinquantaine d'intérimaires.

Le groupe affirme pouvoir "offrir un poste à tous" et met en avant un accompagnement spécifique via ses partenaires et agences d'emploi. Ce que cette fermeture révèle surtout, c'est la vitesse à laquelle le tissu industriel automobile français se réorganise autour de l'électrique, reléguant des décennies de savoir-faire thermique dans les pages d'un livre d'histoire que j'aurais volontiers photographié, moteur ouvert, sur le parking de l'usine.

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