Autos

Marché auto : Ces chiffres de septembre cachent une réalité bien plus inquiétante

12 oct. 2025 3 min de lecture
Marché auto : Ces chiffres de septembre cachent une réalité bien plus inquiétante

Le secteur automobile français traverse une période délicate où les signaux contradictoires se multiplient. Malgré une progression légère des immatriculations en septembre, les professionnels du secteur expriment leurs inquiétudes face à un marché qui peine à retrouver sa dynamique d'antan. Cette situation complexe reflète les défis majeurs auxquels fait face l'industrie automobile hexagonale.

Les chiffres de septembre masquent une réalité préoccupante

La Plateforme automobile (PFA) a enregistré 140 354 véhicules immatriculés en septembre 2024, soit une hausse de 1 % par rapport à septembre 2023. Par contre, cette amélioration apparente cache une vérité moins reluisante. Selon le cabinet AAA Data, cette progression résulte principalement d'un effet calendaire : le mois comptait un jour ouvré supplémentaire.

Luc Chatel, président de la PFA, souligne que le marché reste "stable à un niveau anormalement bas". Il rappelle qu'habituellement, 160 000 véhicules trouvent preneur en septembre, contre seulement 140 000 unités le mois dernier. Cette différence de 20 000 unités illustre parfaitement la fragilité actuelle du secteur.

Sur les neuf premiers mois de l'année, la tendance demeure largement négative avec une baisse cumulée de 6,25 %. Plus alarmant encore, comparé à septembre 2019, avant la crise sanitaire, les immatriculations accusent un recul de 19,8 %. Ces données révèlent l'ampleur des difficultés structurelles que traverse l'industrie automobile française.

Disparités entre constructeurs et transformation énergétique

Les performances varient considérablement selon les constructeurs. Le groupe Stellantis affiche une stagnation de ses immatriculations en septembre, tandis que Renault enregistre une progression encourageante de 6,5 %. Cette divergence reflète les stratégies différenciées adoptées par chaque constructeur face aux mutations du marché.

Sur les neuf premiers mois, Stellantis accuse un recul inquiétant de 9,47 %, ce qui l'a contraint à envisager le recours au chômage partiel dans plusieurs usines, dont trois implantées en France. Cette situation illustre les difficultés d'adaptation des grands groupes automobiles européens.

Parallèlement, la transition énergétique progresse lentement. Le segment électrique représente 22 % des ventes de septembre et 18,3 % sur l'année entière. L'hybride demeure la technologie dominante, tandis que les motorisations thermiques classiques, y compris le GPL, ne pèsent plus que 3 % des immatriculations.

Type de motorisation Part de marché septembre Part de marché annuelle
Électrique 22% 18,3%
Hybride Majoritaire Majoritaire
Thermique (GPL inclus) 3% 3%
Marché automobile stable en septembre mais les inquiétudes persistent pour l'avenir

Défis de l'électrification et prix dissuasifs

L'objectif européen de fin du thermique en 2035 impose un rythme soutenu d'adoption des véhicules électriques. Selon Luc Chatel, il faudrait atteindre 25 à 26 % de ventes électriques cette année pour respecter la trajectoire fixée. "On voit bien que nous n'y arriverons pas", avertit l'ancien ministre, pointant du doigt les obstacles persistants.

Grégory Caret de l'UFC-Que Choisir qualifie les prix actuels de "dissuasifs", ce qui explique en partie la montée en puissance des modèles d'entrée de gamme. Ces derniers représentent désormais 56 % des ventes sur les neuf premiers mois, témoignant d'une recherche d'accessibilité par les consommateurs.

Les défis techniques et économiques de l'électrification nécessitent des investissements considérables. Les constructeurs doivent simultanément développer leurs gammes électriques, maintenir leur compétitivité tarifaire et s'adapter aux nouvelles attentes des consommateurs. Cette triple exigence constitue un défi majeur pour l'ensemble du secteur automobile français.

À lire également

Articles similaires