Le leasing automobile s'est imposé comme la norme pour financer un véhicule neuf. En 2024, 67 % des voitures particulières immatriculées par des particuliers ont été financées via une LOA ou une LLD. Pourtant, derrière ces formules séduisantes se cachent des pratiques que UFC-Que Choisir vient de dénoncer avec force. Quand on passe autant de temps à observer l'évolution du marché automobile, ce genre d'alerte mérite qu'on s'y attarde sérieusement.
Des pratiques abusives révélées par une enquête accablante
L'association de consommateurs a mené une enquête auprès de 1 285 conducteurs et analysé près de 1 000 témoignages de litiges. Les résultats font froid dans le dos. Un locataire sur quatre a subi des frais de restitution contestés, atteignant en moyenne 1 200 euros. Ces chiffres parlent d'eux-mêmes et illustrent une dérive structurelle du secteur.
Mais les frais de restitution ne sont pas le seul problème. Certains contrats prévoient que les loyers continuent de courir même lorsque le véhicule est immobilisé pour panne. Le locataire paie donc pour une voiture qu'il ne peut pas utiliser. C'est une clause particulièrement difficile à avaler, surtout quand on aime rouler et qu'un véhicule immobilisé représente une vraie frustration au quotidien.
L'association pointe également la rigidité des contrats face aux accidents de la vie. Voici les situations les plus fréquemment citées dans les litiges recensés :
- Perte d'emploi imprévue
- Séparation ou divorce
- Maladie longue durée
- Décès du souscripteur
- Invalidité reconnue
Dans ces circonstances, sortir du contrat de location relève du véritable parcours du combattant. Les pénalités sont souvent disproportionnées et l'information sur le coût réel d'une résiliation anticipée est rarement communiquée avant la signature.
Ce que réclame UFC-Que Choisir pour mieux protéger les automobilistes
UFC-Que Choisir adresse plusieurs demandes précises aux pouvoirs publics. L'association réclame d'abord la création d'un droit à la résiliation sans frais en cas d'accident de la vie, applicable à tous les types de contrats, LOA comme LLD. Elle exige également une information précontractuelle standardisée, incluant obligatoirement le coût total du contrat, les frais de restitution potentiels et le montant réel d'une sortie anticipée.
Le tableau ci-dessous résume les principales revendications de l'association selon le type de contrat concerné :
| Revendication | LOA | LLD |
|---|---|---|
| Résiliation sans frais (accidents de la vie) | ✓ | ✓ |
| Information précontractuelle normalisée | ✓ | ✓ |
| Interdiction des clauses de loyers en cas d'immobilisation | ✓ | ✓ |
| Extension des protections du crédit à la consommation | Partielle | À créer |
L'association demande aussi d'interdire les clauses transférant sur le locataire les risques liés aux pannes ou aux vices du véhicule. Enfin, elle réclame l'extension des protections prévues par le crédit à la consommation à la LLD, notamment le droit de rétractation et l'évaluation minimale de solvabilité.
Car c'est bien la LLD qui pose le plus de problèmes aujourd'hui. Sa croissance a dépassé 67 % en un an, bien au-delà de la LOA. Or, la nouvelle directive européenne sur le crédit à la consommation, attendue pour novembre 2026, ne couvrira que la LOA. La LLD, pourtant en plein essor, restera pour l'instant en dehors de tout cadre protecteur renforcé. Un angle mort réglementaire que chaque conducteur doit avoir en tête avant de signer son prochain contrat de location longue durée.
