Le 16 septembre 2026, depuis le palais Chigi à Rome, Giorgia Meloni a annoncé une décision qui a surpris bien des observateurs : la suppression du bollo auto, cette taxe annuelle que tout propriétaire de véhicule immatriculé en Italie s'acquitte depuis des décennies. Une mesure taillée pour soulager les ménages, dans un contexte où la flambée des prix à la pompe pèse lourd sur le budget des conducteurs.
La justification est directe. Le gouvernement a choisi de transformer une partie des ressources mobilisées contre la hausse des carburants en une exonération fiscale structurelle, ciblant les petites et moyennes cylindrées. Quand on sillonne les routes au quotidien, on mesure concrètement l'impact de ces charges cumulées sur le budget mensuel.
Le bollo auto : comprendre la taxe que Rome décide d'effacer
Le bollo auto ne fonctionne pas comme une simple vignette forfaitaire. Son montant varie selon la puissance du véhicule et son niveau d'émissions polluantes, ce qui en fait un impôt progressif, davantage pénalisant pour les moteurs anciens ou les cylindrées élevées. Pour des millions d'Italiens qui roulent avec de modestes berlines ou des deux-roues pour rejoindre leur lieu de travail, cette taxe représente une charge annuelle récurrente, souvent perçue comme injuste.
Le ministre de l'Économie Giancarlo Giorgetti l'a lui-même reconnu lors de la conférence de presse : «Nous sommes parvenus à cette suppression non sans difficultés.» La Première ministre a quant à elle qualifié le bollo auto d'«un des impôts les plus détestés des Italiens».
Voici les conditions précises pour bénéficier de l'exonération en 2027 :
- Posséder un véhicule d'une puissance maximale de 80 kW (soit environ 110 chevaux)
- Rouler à l'essence ou au gazole, avec ou sans motorisation hybride associée
- Être propriétaire à titre personnel (les véhicules en leasing sont exclus)
- Ne bénéficier de l'exonération que pour un seul véhicule par personne, le moins puissant en cas de parc multiple
Cette fenêtre d'application court du 1er janvier au 31 décembre 2027, avec l'intention affichée de pérenniser la mesure dans la prochaine loi de finances.

14,5 millions de véhicules concernés, mais des régions en alerte
Environ 14,5 millions de voitures et deux-roues motorisés entrent dans le périmètre de cette exonération, soit près de 70 % du parc automobile national. Pour les passionnés de moto qui utilisent leur machine tous les jours et pas seulement le week-end, cette mesure représente un allègement tangible.
| Catégorie | Concernée par l'exonération ? | Condition |
|---|---|---|
| Voitures ≤ 80 kW | Oui | Un seul véhicule par propriétaire |
| Deux-roues motorisés | Oui | Tous les modèles éligibles |
| Voitures > 80 kW | Non | Hors périmètre du décret |
| Véhicules en leasing | Non | Exclus explicitement |
Le revers de cette générosité fiscale est chiffré : un manque à gagner estimé à 2,29 milliards d'euros pour les régions, qui perçoivent habituellement ces recettes. Le gouvernement central prévoit un transfert compensatoire de 2,3 milliards pour 2027, mais les présidents de régions contestent ce calcul. Eugenio Giani, président de la Toscane, dénonce un écart flagrant : sa région ne recevrait qu'un peu plus de 100 millions d'euros, alors que le manque à gagner régional avoisinerait 350 millions.
Par ailleurs, la réduction des taxes sur le diesel, fixée à 17,1 centimes par litre jusqu'au 17 septembre 2026, s'amenuisera progressivement : 12,2 centimes du 18 au 25 septembre, puis 6,1 centimes jusqu'au 5 octobre. Une dégressivité qui rappelle que ces mesures d'urgence carburant ont une durée de vie limitée, contrairement à l'ambition affichée autour du bollo auto.