Le 25 mai 2026, à Rome, Ferrari levait le voile sur quelque chose d'inédit : son premier modèle entièrement électrique. La Luce. Un nom qui fait référence à la lumière, et qui s'assume pleinement comme une rupture. À 550 000 €, le prix dit tout de l'ambition de Maranello.
Le projet est signé LoveFrom, le cabinet des designers Jony Ive et Marc Newson. C'est John Elkann en personne, président de Ferrari, qui a contacté cette structure. Jony Ive, notamment connu pour avoir conçu l'iPhone et l'Apple Watch, imprime ici une vision radicalement distincte de la grammaire habituelle de la marque. La silhouette mesure 5,03 mètres de long — la Ferrari la plus longue jamais produite — pour une hauteur contenue à 1,54 m. Plus étendue qu'une Purosangue, légèrement plus basse. Les roues atteignent 23 pouces à l'avant, 24 à l'arrière.
Le style déroute au premier regard. Un continuum fumé part du capot, franchit le pare-brise bombé et remonte jusqu'au toit. Les passages de roues avant intègrent des inserts noirs rectangulaires servant à évacuer l'air. Les essuie-glaces, positionnés verticalement de part et d'autre du pare-brise, surprennent. Pourtant, les feux arrière circulaires et les ailes avant galbées rappellent l'ADN de Maranello. Le Centro Stile a visiblement posé sa patte sur les détails qui comptent.
Un habitacle de haute horlogerie, des performances de supercar
Prendre place derrière le volant de la Luce, c'est découvrir un tableau de bord inattendu. Le combiné d'instrumentation de 12 pouces est un écran OLED percé de trois mini-cadrans circulaires, avec des aiguilles réelles et un vitrage épais façon loupe. Les animations et la lisibilité frôlent la perfection. L'écran central pivote sur son axe — côté conducteur ou passager selon les besoins. L'OS a été développé en interne ; Apple CarPlay et Android Auto sont compatibles.
La clé s'insère dans son logement avec un clic sourd et précis. Ce genre de détail compte, surtout à ce tarif. Les sièges arborent un habillage cannelé, mais le maintien latéral reste perfectible pour un véhicule disposant du torque vectoring intégral. À l'arrière, les portes antagonistes motorisées ouvrent sur un espace généreux, avec des dossiers inclinés façon chaise longue. Le coffre atteint 596 litres, accessible via un hayon. La forme en coin condamne tout frunk.
Côté technique, la Luce repose sur une structure entièrement en aluminium, avec alliages développés à Maranello. La masse est contenue à 2 260 kg à vide — raisonnable face aux rivales de ce segment. Quatre moteurs synchrones à aimants permanents, un par roue, tournent à 25 500 tr/min à l'arrière et 30 000 tr/min à l'avant. Puissance : 1 050 ch. Couple : 990 Nm. Le 0 à 100 km/h s'abat en 2,5 secondes, les 200 km/h arrivent en 6,8 secondes, pour une vitesse maximale de 310 km/h.
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Puissance | 1 050 ch |
| 0-100 km/h | 2,5 s |
| Autonomie WLTP | 530 km |
| Recharge DC (crête) | 350 kW |
| Prix | 550 000 € |

Batterie, recharge et ce que Ferrari ne dit pas encore
La batterie NMC de 122 kWh, fournie par SK On, se structure en 15 modules et 210 cellules poches, logés sous le plancher. L'architecture 800 V avec onduleurs carbure de silicium autorise une recharge crête à 350 kW, soit 70 kWh récupérés en 20 minutes. Ce n'est pas le niveau des records actuels, mais c'est solide pour ce segment.
L'autonomie annoncée de 530 km en cycle WLTP restera difficile à atteindre avec des pneumatiques arrière de 315 mm. La consommation sera logiquement élevée. Ferrari ne communique pas encore sur le temps de charge 10-80 %. Pour un appareil photo en main devant cette machine, on retient surtout que la reproductibilité des performances — grâce aux volets actifs de gestion thermique — semble une priorité affichée.
- Son moteur capté par accéléromètre sur les machines arrière, audible uniquement en mode Performance
- Roues arrière directrices et amortissement actif
- Palettes au volant pour moduler les niveaux de couple (sans boîte de vitesses)
- Disponibilité prévue en fin d'année 2026
Ferrari positionne la Luce comme une offre complémentaire, pas un remplacement. Les V12 atmosphériques ne sont pas menacés. Face à une Porsche Taycan Turbo GT ou à une Rimac Nevera, la Luce joue une carte différente : celle d'un grand tourisme électrique à cinq places qui conserve une signature sensorielle propre. Le son synthétique, aigu et mécanique, tranche délibérément avec les imitations thermiques. C'est un choix. Et sur la route, ce sera la seule question qui comptera vraiment.