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Électrique automobile : part de marché gonflée juillet

28 juin 2026 4 min de lecture
Électrique automobile : part de marché gonflée juillet

Juillet 2026 restera dans les annales du marché automobile français. Avec 44 376 voitures électriques immatriculées, soit une progression de 127 % sur un mois, la motorisation à batterie capte désormais 35 % des ventes de voitures neuves. Un chiffre record, mais qui mérite d'être décortiqué avant de crier victoire.

Sur l'ensemble du mois, 126 809 véhicules neufs ont rejoint le parc français selon NGC-Data®, ce qui représente une hausse de 9 % par rapport à juillet 2025. C'est le supérieur mois de juillet depuis 2023 (128 948 unités), mais il manque encore plus de 45 000 immatriculations pour atteindre le niveau de juillet 2019 (172 244 unités). Autrement dit, le marché reste structurellement en souffrance par rapport à l'avant-Covid.

Une part de marché électrique dopée par des facteurs conjoncturels

Pourquoi parler de hausse artificielle ? Parce que la progression de l'électrique repose sur plusieurs effets non pérennes. La flambée des prix du pétrole pousse mécaniquement les acheteurs vers des alternatives sans carburant fossile. L'arrivée massive de marques chinoises, aux prix particulièrement compétitifs, dynamise aussi l'offre : BYD affiche +267 % en juillet, Xpeng +184,9 % et Leapmotor +214,2 %. Ces cinq marques chinoises réunies représentent déjà 7,6 % du marché français.

Le leasing social constitue le troisième moteur de cette ruée. Roland Lescure, ministre de l'Économie et des Finances, a confirmé 19 500 commandes passées en deux semaines seulement depuis le lancement de la troisième vague, le 16 juillet. L'État prévoit de subventionner 50 000 véhicules au total, pour un montant de 401 millions d'euros. Ces aides publiques soutiennent artificiellement la demande sans corriger le fond du problème : la motorisation thermique reste pénalisée par une fiscalité très lourde, sans que cela génère un authentique engouement spontané pour l'électrique.

Une journée mérite également attention. Le 31 juillet à lui seul a concentré plus de 11 000 immatriculations, dont 3 072 pour Peugeot et 2 035 pour Citroën. Ce type de pic en fin de mois, lié aux pratiques commerciales de fin de période, gonfle mécaniquement les statistiques mensuelles.

Clients visitent voitures neuves alignées dans grand parking

Le classement des marques révèle des trajectoires très contrastées

Renault s'impose en tête avec 19 805 immatriculations (+21,9 %), porté par la R5 électrique, qui bondit de 87 % avec 3 794 exemplaires. Peugeot suit avec 16 947 unités (+6,7 %), la 208 trustant la première place des modèles avec 6 027 exemplaires (+23 %). Fait notable : si l'on additionne les Clio (3 650 ex.) et R5, les deux citadines Renault totalisent 7 444 unités, devançant la 208.

Voici les performances contrastées de quelques acteurs clés en juillet 2026 :

  • Tesla : 2 428 livraisons (+85,9 %), dont 2 400 Model Y restylés
  • MG : 3 343 immatriculations (+41,1 %), devant Hyundai (3 109 ex., -16,8 %)
  • Audi : 2 399 unités (-25,5 %), seizième place seulement
  • Ford : 2 082 unités (-26,2 %)
  • BMW : 4 502 unités (-15,1 %)
MarqueVolume juillet 2026Évolution (%)
Renault19 805+21,9
Peugeot16 947+6,7
BYD2 954+267
Tesla2 428+85,9
Audi2 399-25,5

Sur sept mois cumulés, 983 997 voitures neuves ont été immatriculées en France, soit +2,6 % par rapport à 2025. Mais la comparaison reste trompeuse : 2025 a été une année médiocre, avec seulement 1,63 million d'immatriculations. Le déficit atteint 26,5 % par rapport à 2019. Trois mois ont encore affiché des baisses depuis janvier. Lire ces données sans remettre en contexte la faiblesse de la base de comparaison revient à lire une carte sans légende.

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