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Diesel : ses ventes s'effondrent même en France

02 juil. 2026 4 min de lecture
Diesel : ses ventes s'effondrent même en France

Rudolf Diesel, ingénieur allemand, n'aurait sans doute pas imaginé que son invention, brevetée en 1892, connaîtrait un tel effondrement précisément dans le pays qui l'a portée aux nues. L'Allemagne, longtemps championne du gasoil, voit aujourd'hui ses immatriculations diesel s'effondrer à vitesse grand V. Un tournant que l'on observe aussi, et même avec plus d'intensité, en France.

La chute libre du diesel dans les deux plus grands marchés automobiles d'Europe

Côté français, le bilan est sévère : le diesel représente désormais à peine 2 % des ventes de voitures neuves, un chiffre qui donne le vertige quand on se souvient que ce carburant dominait le marché entre les années 1980 et 2000. Difficile de ne pas ressentir une certaine émotion mécanique devant ce retournement historique. Le moteur à compression, jadis synonyme de robustesse et d'économies à la pompe, est devenu presque marginal.

En Allemagne, la résistance est encore perceptible, mais fragile. Le diesel plafonne à 11,8 % de parts de marché, loin derrière l'essence (18,9 %) et surtout distancé par le véhicule électrique, qui capte désormais près de 30 % du marché allemand, avec une progression de 61 % sur le seul mois de juillet 2026 par rapport à l'année précédente. Ces chiffres parlent d'eux-mêmes.

Plusieurs facteurs expliquent ce déclin accéléré :

  • Le dieselgate du groupe Volkswagen, révélé sur le marché américain en 2015, qui a profondément érodé la confiance des acheteurs envers les motorisations à gasoil
  • Le retour en grâce du moteur essence, dopé par le downsizing et la suralimentation
  • L'essor de l'hybride, rechargeable ou non, qui a rogné les parts du diesel sur les usages mixtes
  • Les aides publiques massives à l'achat de véhicules électriques, qui ont réorienté la demande en profondeur

Fait notable : en Allemagne, le diesel se vend aujourd'hui autant que l'hybride rechargeable. Une forme de parité symbolique, logique en réalité, puisque les marques premium germaniques (BMW, Audi, Mercedes) continuent de proposer des motorisations diesel à leurs clientèles les plus fidèles, celles qui boudent encore les BMW iX3 ou les Audi Q6 e-tron.

Rangée de voitures neuves dans un showroom moderne vitré

Quand les aides allemandes profitent aux constructeurs chinois

Le retour des bonus à l'achat en Allemagne, après leur suppression fin 2023, a clairement dopé le marché électrique hormis-Rhin. Mais cette relance soulève une question que tout observateur attentif du secteur ne peut ignorer : à qui profitent vraiment ces subventions publiques ?

Constructeur chinois Part de marché en Allemagne Évolution sur un an
BYD 2 % +365 %
Xpeng En progression Non communiqué
Leapmotor En progression Non communiqué

Selon le KBA (Kraftfahrt-Bundesamt, l'autorité allemande d'immatriculation), BYD affiche déjà 2 % de parts de marché avec une hausse de 365 % sur douze mois. La situation est pour le moins paradoxale : l'Europe avait dénoncé les subventions chinoises favorisant l'exportation de véhicules, mais ce sont bien des aides publiques allemandes qui financent indirectement ces ventes.

La France a fait un choix radicalement différent en conditionnant son bonus écologique à un écoscore qui exclut de facto les productions chinoises. Ce filtre protège le marché français des marques asiatiques, mais n'empêche pas le diesel de s'y éteindre tout aussi vite. À surveiller : la montée en puissance des hybrides rechargeables chez ces constructeurs asiatiques, qui s'en servent comme tremplin commercial pendant que l'électrique pur consolide ses positions.

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