Réglementation & Sécurité

Attention : l'UE fait marche arrière sur le 100% électrique en 2035 (surprise)

02 déc. 2025 4 min de lecture
Attention : l'UE fait marche arrière sur le 100% électrique en 2035 (surprise)

Le virage industriel que traverse actuellement l'industrie automobile européenne mérite qu'on s'y attarde avec précision. La Commission européenne a annoncé le 16 décembre 2025 une modification substantielle de sa stratégie de décarbonation du secteur, autorisant désormais les constructeurs à commercialiser une proportion limitée de véhicules thermiques et hybrides au-delà de 2035. Cette décision marque un changement pragmatique dans l'approche réglementaire, tout en maintenant les objectifs environnementaux fixés.

Un assouplissement réglementaire encadré par des objectifs stricts

La nouvelle architecture réglementaire impose aux constructeurs une réduction de 90% des émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 2021. Les 10% d'émissions résiduelles devront faire l'objet d'une compensation intégrale, garantissant ainsi une neutralité carbone totale du secteur à l'horizon 2035. Stéphane Séjourné, commissaire européen chargé de la stratégie industrielle, qualifie cette approche de pragmatique face aux réalités du marché.

Cette flexibilité répond aux difficultés rencontrées par les industriels européens, confrontés à une concurrence asiatique redoutable, notamment celle de BYD et d'autres acteurs chinois qui gagnent des parts de marché avec leurs modèles électriques économiquement attractifs. Les ventes atones du secteur sur le Vieux Continent justifient ces ajustements, sans pour autant renoncer aux ambitions climatiques du pacte vert européen visant la neutralité carbone en 2050.

Mesure Objectif Impact attendu
Réduction CO2 -90% vs 2021 Décarbonation progressive
Compensation 10% restants Neutralité totale
Préférence européenne Composants locaux Soutien à la filière

Des dispositifs de soutien pour accompagner la transition énergétique

Bruxelles déploie un arsenal de mesures d'accompagnement visant à stimuler l'électrification du parc automobile. Le verdissement des flottes d'entreprises figure parmi les priorités, car ces dernières représentent un levier considérable pour dynamiser la demande en véhicules électriques. Des prêts à taux zéro destinés à la production de batteries viennent compléter ce dispositif incitatif.

L'instauration d'une préférence européenne dans l'automobile constitue une innovation majeure. Les industriels bénéficiant de financements publics devront obligatoirement s'approvisionner en composants fabriqués sur le territoire européen. Cette mesure protectionniste vise à soutenir l'ensemble de la chaîne de valeur, incluant équipementiers, fournisseurs et sous-traitants.

Le développement de petits véhicules électriques abordables représente un axe stratégique supplémentaire. Cette orientation, annoncée en septembre par Ursula von der Leyen, vise explicitement à contrer l'expansion des constructeurs asiatiques sur ce segment de marché en pleine croissance.

L'UE autorise une part de voitures thermiques après 2035 avec le tout-électrique

Les réactions contrastées des acteurs du secteur automobile

Les positions divergent fortement selon les parties prenantes. L'Association des constructeurs automobiles européens, représentée par Sigrid de Vries, considère ces flexibilités comme des exigences essentielles pour préserver la rentabilité, maintenir l'emploi et financer la décarbonation face à une compétition mondiale intense.

À l'inverse, l'ONG T&E estime qu'un ralentissement de l'électrification constituerait une erreur stratégique aggravant le retard européen. Les critiques environnementales sont portées notamment par Greenpeace, dont le responsable Martin Kaiser dénonce un cadeau aux fabricants chinois et un gaspillage de ressources technologiques.

L'eurodéputé centriste Pascal Canfin adopte une position intermédiaire, affirmant que les garde-fous prévus permettront de cantonner les motorisations thermiques au segment premium après 2035. Cette lecture nuancée reflète la complexité des enjeux : concilier impératifs climatiques, compétitivité industrielle et préservation de l'emploi dans un secteur historiquement structurant pour l'économie européenne.

  • Maintien des objectifs climatiques avec une décarbonation à 100%
  • Flexibilité accordée aux constructeurs sur une fraction limitée
  • Renforcement de la filière européenne via la préférence locale
  • Développement de véhicules électriques accessibles pour tous les segments
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