En 2024, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a contrôlé 1 613 établissements de réparation automobile. Résultat : quatre garages sur dix présentaient au moins une anomalie ayant conduit à des mesures correctives ou répressives. Des chiffres révélés début juin 2026 par Que Choisir Ensemble, et qui méritent qu'on s'y attarde sérieusement avant de confier son véhicule au premier atelier venu.
Ce que les enquêteurs ont vraiment trouvé dans les garages
Parmi les infractions les plus fréquentes, l'absence d'affichage des tarifs revient systématiquement. Des frais de diagnostic, de gardiennage ou de main-d'œuvre sont facturés sans jamais avoir été portés à la connaissance du client en amont. Difficile, dans ces conditions, de comparer ou de contester.
Plus grave encore : des pièces inscrites sur la facture et réglées par le propriétaire du véhicule n'ont tout juste jamais été montées. Une fraude directe, qui suppose une tromperie délibérée sur la prestation réalisée. Ce type de manquement dépasse largement la simple irrégularité administrative.
La DGCCRF s'est aussi penchée sur le défapage, cette pratique illégale consistant à supprimer le filtre à particules sur les diesels modernes. Sans ce filtre, les suies ne sont plus traitées et partent immédiatement à l'échappement, aggravant considérablement les émissions polluantes. Pour débusquer ces ateliers peu scrupuleux, les enquêteurs ont scruté les réseaux sociaux et suivi certains influenceurs qui en faisaient la promotion.
Voici comment se répartissaient les suites données aux contrôles de 2024 :
| Type de mesure | Nombre |
|---|---|
| Avertissements | 580 |
| Injonctions de mise en conformité | 497 |
| Procès-verbaux administratifs ou pénaux | 224 |
La majorité des réponses reste donc sur un registre pédagogique. Florian Simonneau, porte-parole de la DGCCRF, l'assume — l'objectif prioritaire est d'accompagner les professionnels vers la conformité, pas de les sanctionner d'emblée.
40% d'infractions en 2024 contre 30% en 2022 : une aggravation trompeuse
Le bond de dix points par rapport à la campagne de 2022 peut sembler alarmant. Pourtant, ce chiffre reflète avant tout un meilleur ciblage des contrôles, pas nécessairement une dégradation généralisée des pratiques. La DGCCRF s'appuie désormais sur SignalConso, une plateforme permettant aux consommateurs de signaler directement les abus dont ils sont victimes. En ciblant des établissements déjà cités par des usagers, les enquêteurs ont logiquement augmenté leur taux de détection.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en 2025, plus de 10 000 signalements concernant l'entretien et la réparation automobile ont été déposés sur SignalConso, représentant environ 2 % du total des signalements reçus. Ce secteur se retrouve ainsi parmi ceux qui génèrent le plus de plaintes de la part des automobilistes.
Un autre angle mort mérite attention : l'obligation de proposer des pièces d'occasion, en vigueur depuis 2019, reste insuffisamment respectée. Pour tout véhicule hors garantie constructeur, le garagiste doit présenter cette option. Elle peut réduire sensiblement le coût d'une réparation, préservant ainsi le budget des conducteurs.

Trois réflexes concrets avant de laisser votre voiture en atelier
Connaître ses droits ne suffit pas toujours. Adopter quelques automatismes protège efficacement contre les dérives les plus courantes :
- Exigez systématiquement un devis écrit détaillé avant toute intervention.
- Demandez un ordre de réparation signé précisant les pièces à remplacer.
- Interrogez explicitement votre garagiste sur la disponibilité de pièces de réemploi si votre véhicule n'est plus sous garantie.
- Conservez toutes vos factures : en cas de litige, elles constituent la base de votre dossier.
Signaler une pratique douteuse sur SignalConso contribue aussi à alimenter les futures campagnes de contrôle. Chaque signalement oriente les enquêteurs vers des établissements à risque — et protège d'autres consommateurs avant qu'ils ne subissent les mêmes désagréments.