Paris, octobre 2026. Le Mondial de l'Automobile rouvre ses portes après plusieurs années de disette, et quelque chose a changé. Pas dans la disposition des stands, ni dans l'enthousiasme des visiteurs, mais dans la nature même des vedettes exposées. Le SUV n'est plus roi. Après avoir trusté les allées de tous les grands salons depuis le début des années 2010, le 4x4 urbain cède enfin de la place à d'autres silhouettes, plus variées, parfois oubliées.
Ce retour à la diversité n'est pas anodin. Depuis 2015, le SUV représentait systématiquement plus de 40 % des ventes en Europe, redessinant les gammes de tous les constructeurs. Voir Paris 2026 s'affranchir de cette logique, c'est observer un vrai signal de marché.
Breaks, coupés, monospaces : la renaissance des carrosseries délaissées
La surprise vient d'abord de Renault et de son concept E-Space. Le constructeur au losange assume pleinement la filiation avec ses mythiques monospaces et présente l'E-Space comme une alternative directe au SUV familial, en remettant en avant les surfaces vitrées généreuses et une modularité que les crossovers ont souvent sacrifiée sur l'autel du style.
Du côté de Stellantis, le signal est tout aussi clair. Dans la flopée de concepts présentés par le groupe, les SUV brillent presque par leur absence. Opel imagine la future Astra break avec le concept STX, Alfa Romeo esquisse un coupé 2+2, DS présente une petite berline élégante. Peugeot, lui, fait chavirer les amateurs avec un nouveau concept de coupé RCZ, que beaucoup espèrent voir entrer en production. Alpine, de son côté, évoque la renaissance de la GT A310 à travers le concept A310 Vision. L'envie de conduire, pas seulement de transporter, est de retour dans les esprits des bureaux de style.
Dacia présente également le Striker, un break au look baroudeur mais à la silhouette résolument dynamique, pensé comme une alternative au Bigster sur le segment C. La liste des nouvelles carrosseries disponibles au salon illustre bien cette diversification :
- Break compact (Dacia Striker, Opel STX)
- Monospace familial électrique (Renault E-Space)
- Coupé GT (Peugeot RCZ concept, Alfa Romeo 2+2)
- Petite berline (DS concept)
- Citadine pure (Citroën 2 CV, Smart #2, Volkswagen ID.Polo)

Citadines et compactes : le segment urbain reprend de la hauteur
La citadine reste le cœur de marché français, et les constructeurs l'ont bien compris. Citroën frappe fort avec le retour de la 2 CV, déclinée sans aucune influence SUV : une citadine pure, basique, fidèle à l'ADN de la marque. Smart, après avoir multiplié les crossovers, retrouve ses origines avec la #2, héritière directe de la Fortwo.
| Modèle | Constructeur | Type de carrosserie |
|---|---|---|
| 2 CV | Citroën | Citadine |
| ID.Polo | Volkswagen | Citadine électrique |
| A2 | Audi | Compacte électrique |
| K4 | Kia | Compacte hybride |
| B03 | Leapmotor | Citadine électrique |
Audi a choisi de relancer l'A2 pour son entrée de gamme électrique, en optant pour une silhouette compacte originale plutôt qu'un petit SUV de plus. Kia officialise la K4, une compacte hybride à l'ancienne, pendant que le chinois Leapmotor exhaustive sa gamme avec la B03.
Le SUV n'a pas disparu, loin de là : Hyundai renouvelle ses Bayon et Tucson, Volkswagen présente l'ID.Tiguan en successeur de l'ID.4, Kia glisse le Seltos dans sa gamme. Mais pour la première fois depuis longtemps, ces modèles ne volent plus la vedette. Photographier les allées du Mondial 2026, c'est capturer autre chose : la promesse d'un choix retrouvé, d'une industrie qui accepte enfin que tous les conducteurs ne veulent pas le même véhicule.