Le parc roulant européen vit une mutation profonde. En France, le cap des 2 millions de véhicules 100 % électriques a été franchi en 2026, avec une part de marché atteignant 38,8 % en août, soit une progression de 111 % par rapport au même mois de l'année précédente. Ce basculement énergétique s'accompagne d'une révolution dans les modes de financement : le leasing automobile, longtemps réservé aux flottes d'entreprise, s'impose désormais comme un choix personnel pour des millions de ménages.
Selon le Mobility Monitor 2026 publié par Ayvens en partenariat avec Ipsos, 49 % des particuliers européens portent un regard positif sur la location longue durée. Cette enquête, réalisée dans douze pays dont l'Allemagne, la France, l'Espagne, le Portugal et la Grèce, dessine une Europe divisée géographiquement et générationnellement. Quand on passe du temps sur les routes à observer les usages, on perçoit très concrètement cette transformation dans les parkings et sur les écrans des loueurs.
Un engouement qui varie selon les latitudes et les générations
L'enthousiasme pour le crédit-bail automobile ne se distribue pas uniformément sur le continent. L'Europe méridionale domine nettement : le Portugal affiche un taux d'adhésion de 72 %, l'Espagne de 64 %, la Grèce de 66 % et l'Italie de 51 %. À l'opposé, les conducteurs allemands, suédois et norvégiens restent prudents. Aux Pays-Bas, 51 % des sondés considèrent même que cette formule coûte plus cher que l'achat conventionnel.
Un autre clivage traverse ces chiffres : celui entre urbains et ruraux. Les habitants des grandes agglomérations affichent une opinion positive à 53 %, contre seulement 37 % en zones rurales. La raison est pratique : les forfaits kilométriques et l'obligation de maintenance en concession s'accordent mal avec les distances et les habitudes des conducteurs éloignés des centres-villes, souvent fidèles à leur garage local moins onéreux.
La dynamique générationnelle est tout aussi marquée. Voici comment les tranches d'âge se positionnent face au leasing :
- Génération Z (18-27 ans) : forte appétence, souscription privilégiée en ligne ou en mode hybride
- Génération Y (28-43 ans) : adoption croissante, vue comme une mobilité flexible et sans risque
- Baby-boomers (60 ans et plus) : scepticisme persistant, attachement à la propriété du véhicule
"La location longue durée continue de séduire un public toujours plus large, des jeunes consommateurs 'digital first' aux ménages à la recherche d'une mobilité simple et prévisible", résume Olivier Théron, directeur monde des activités de distribution chez Ayvens.
| Pays | Opinion positive LLD |
|---|---|
| Portugal | 72 % |
| Grèce | 66 % |
| Espagne | 64 % |
| Italie | 51 % |
| Pays-Bas | 49 % |

Le leasing de l'occasion et le cas français, deux signaux forts
45 % des conducteurs européens envisagent désormais d'utiliser la location longue durée pour acquérir un véhicule d'occasion, avec des pics en Grèce (57 %) et aux Pays-Bas (52 %). Les mensualités inférieures à celles d'un modèle neuf constituent l'argument principal. Les inquiétudes sur d'éventuels problèmes mécaniques existent, mais elles ne freinent plus réellement l'intérêt pour cette formule économique.
Les Français, eux, se distinguent par leur rapport à la location avec option d'achat. 46 % en ont une image très positive, pour un véhicule neuf comme d'occasion. L'accélération de l'électrification renforce cet attrait : fixer la valeur résiduelle du véhicule trois à quatre ans à l'avance protège l'acheteur contre la dépréciation des batteries, particulièrement rapide face aux nouvelles générations affichant des autonomies toujours plus notables. C'est une protection concrète du pouvoir d'achat, dans un marché qui propose désormais des modèles électriques accessibles autour de 25 000 euros. Le Mondial de l'automobile de Paris, du 12 au 18 octobre 2026, confirmera sans doute cette orientation avec une offre inédite de nouveautés.