Trois acheteurs. C'est le nombre de Ford Mustang vendues en France sur les quatre premiers mois de 2026. Un chiffre qui parle de lui-même quand on sait qu'il faut désormais débourser 139 300 € pour rouler au volant d'un V8 de 453 ch affiché à 59 300 € catalogue — le malus écologique atteignant à lui seul 80 000 €. Difficile de rester passionné quand la fiscalité transforme chaque achat coup de cœur en exercice de comptabilité douloureuse.
Le malus français face aux taxes européennes : qui taxe vraiment le plus ?
Le comparateur automobile Caroom a publié en mai 2026 une étude comparative des fiscalités automobiles dans les 27 États membres de l'Union européenne. Résultat : sur la Mustang, seul le Danemark dépasse la France, avec 96 759 € de taxe à l'achat contre 80 000 € dans l'Hexagone. En Allemagne ou au Luxembourg, en revanche, cette icône américaine ne génère quasiment aucune taxe d'acquisition.
Le tableau ci-dessous illustre les écarts significatifs entre quelques pays européens représentatifs :
| Pays | Taxe sur la Ford Mustang | Approche fiscale |
|---|---|---|
| Danemark | ~96 759 € | Taxation à l'achat très punitive |
| France | 80 000 € | Malus CO2 + malus au poids |
| Irlande | Taxation significative | Taxation à l'achat progressive |
| Allemagne | Quasi nulle à l'achat | Taxation à l'usage étalée |
| Luxembourg | Quasi nulle à l'achat | Faible fiscalité automobile |
La Porsche 911 GT3 RS offre un autre angle de lecture. Pour ce modèle, l'Autriche, la Finlande, la Grèce ou encore la Croatie appliquent une fiscalité plus sévère que la France. Un acheteur danois, lui, pourrait théoriquement reverser jusqu'à 404 793 € à l'État pour ce seul véhicule. La France n'est donc pas systématiquement le cancre européen — mais elle occupe une position inconfortable sur les modèles intermédiaires.
C'est précisément là que le bât blesse. Depuis la suppression du plafonnement à 50 % du prix d'achat en 2024, des véhicules grand public comme le Peugeot 5008 hybride rechargeable de 225 ch se retrouvent frappés de 6 100 € de malus au poids. Caroom relève que la France est l'une des rares nations européennes à pénaliser sérieusement ce type de motorisation hybride rechargeable. À titre de comparaison, le Danemark réclame 52 107 € sur ce même modèle — mais peu de pays européens s'aventurent à cette taxation sur un SUV familial.

Fiscalité à l'achat ou à l'usage : deux philosophies, des résultats proches
Jonathan Luck, fondateur de Caroom, résume une tension que connaissent bien ceux qui vivent l'automobile de près : « Ils ne vendent plus des véhicules, ils vendent des taxes. » Sa critique rejoint celle de l'ensemble de la filière. L'État a d'ailleurs reculé sur la suppression définitive du plafonnement prévue pour 2028, sans d'un autre côté abandonner le durcissement du barème annoncé pour 2027.
L'approche allemande contraste fortement. Plutôt que de frapper à l'achat, l'Allemagne étale la pression fiscale sur toute la durée de vie du véhicule. Résultat concret : ses émissions de CO2 ont reculé de 29 % depuis 2008, tandis que la France affiche -33 % après avoir multiplié son plafond de malus par 31 sur la même période. Un écart marginal pour un effort fiscal sans commune mesure.
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Caroom accompagne son étude d'un simulateur en accès libre, permettant de comparer la fiscalité automobile dans les 27 pays membres, à l'achat comme sur 15 ans. Un outil utile pour nourrir sa curiosité — ou, pour les plus déterminés, affiner une réflexion sur leur prochain choix de résidence.