Réglementation & Sécurité

Europe prépare riposte : hybrides rechargeables visés

28 mai 2026 4 min de lecture
Europe prépare riposte : hybrides rechargeables visés

Depuis le 31 octobre 2024, les véhicules électriques fabriqués en Chine subissent des droits de douane additionnels à leur entrée sur le marché européen. Ces surtaxes, calculées constructeur par constructeur, atteignent 17% pour BYD, 18,8% pour Geely et jusqu'à 35,3% pour SAIC (maison mère de MG), s'ajoutant au tarif de base de 10%. Sur certains modèles, la facture douanière dépasse donc 45%. Bruxelles pensait avoir posé un verrou solide. Les constructeurs chinois, eux, ont juste trouvé une autre porte.

Cette porte, c'est le segment des hybrides rechargeables (PHEV). Non soumis aux surtaxes anti-subventions, ces véhicules n'acquittent que le tarif standard de 10%. Une asymétrie réglementaire que BYD, MG ou Chery ont exploitée sans hésiter, déplaçant progressivement le centre de gravité de leurs exportations vers cette catégorie. Quand on passe des heures à comparer les fiches techniques des nouveaux modèles sur le marché, difficile de ne pas remarquer à quelle vitesse les gammes chinoises pivotent vers les PHEV.

BYD et la tactique PHEV : des chiffres qui parlent d'eux-mêmes

Prenons BYD comme illustration. La marque a enregistré une croissance de 145% en France en 2025, portée essentiellement par un modèle : le Seal U DM-i Super Hybride, un SUV rechargeable écoulé à 6 058 exemplaires sur l'année, numéro un de son segment. Ce n'est pas un hasard de calendrier : ce modèle a précisément bénéficié du vide fiscal laissé par les taxes sur les électriques.

La dynamique s'accélère encore. BYD vient de lancer le Dolphin G DM-i, un SUV urbain compact de 4,16 m de long, affiché à 23 990 euros, un tarif particulièrement agressif sur ce segment. À noter que ce modèle se rapproche davantage d'une électrique à prolongateur d'autonomie que d'un hybride rechargeable classique, ce qui complexifie encore la lecture réglementaire. Sur les six PHEV les plus vendus en France en mai 2026, trois portent déjà le badge BYD. Le type de statistique qui pousse à sortir l'appareil photo pour immortaliser l'époque.

Voici comment les droits de douane se répartissent actuellement selon le type de véhicule et la marque :

Constructeur Type de véhicule Taxe de base Surtaxe anti-subventions Total
BYD 100% électrique 10% 17% 27%
SAIC (MG) 100% électrique 10% 35,3% 45,3%
BYD / MG / Chery Hybride rechargeable 10% 0% 10%
Vendeur présente voiture électrique à couple dans showroom

La riposte européenne se précise sur les hybrides rechargeables

Face à ce contournement réglementaire, la Commission européenne change de position. Alors qu'elle écartait encore cette option début 2026, elle travaille désormais à des droits compensateurs ciblant spécifiquement les PHEV chinois. Selon des sources internes rapportées par le quotidien économique allemand Handelsblatt, une enquête anti-subventions dédiée à cette catégorie serait déjà engagée.

Le mécanisme envisagé reproduit celui appliqué aux électriques : des taxes additionnelles, calculées marque par marque, viendraient s'ajouter au tarif existant. Leur niveau resterait par contre inférieur à celui des électriques pures, la batterie pesant proportionnellement moins dans le coût d'un PHEV. Les décisions pourraient tomber dans les prochaines semaines.

Le contexte politique a également évolué. L'Allemagne, qui avait freiné des quatre fers en 2024 par crainte de représailles sur son secteur premium, semble cette fois moins opposée à l'initiative. Le déficit commercial croissant de l'UE vis-à-vis de Pékin, conjugué à la dépendance aux matériaux critiques d'origine chinoise, a modifié les calculs de Berlin.

  • Les PHEV représentent désormais un quart des ventes automobiles en Europe, contre 12% un an plus tôt.
  • Trois marques concentrent l'essentiel de la pression réglementaire : BYD, MG et Chery.
  • La décision finale de Bruxelles pourrait redessiner les équilibres tarifaires sur l'ensemble du segment rechargeable.

Pour les acheteurs européens, cette évolution réglementaire mérite une attention soutenue : un PHEV chinois acheté aujourd'hui à prix attractif pourrait voir sa valeur résiduelle affectée si les taxes modifient brutalement la compétitivité de ces modèles sur le marché de l'occasion dans deux ou trois ans.

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