Début mars 2029 au plus tôt. C'est la nouvelle échéance à laquelle la production de l'Audi A4 e-tron devrait réellement démarrer, selon des informations relayées par le Handelsblatt. Un glissement de plusieurs mois par rapport aux déclarations de Rouven Mohr, responsable du développement technique chez Audi, qui confirmait encore cet été une disponibilité en 2028. Pour qui suit de près l'évolution du marché des berlines électriques, ce nouveau retard n'est pas anodin.
BMW i3 et Mercedes Classe C électrique prennent de l'avance sur la berline d'Audi
Le contraste avec la concurrence est saisissant. BMW produit déjà sa nouvelle i3 à Munich depuis août 2026, tandis que Mercedes commercialise dès cette année sa Classe C électrique restylée. Ces deux berlines partagent une architecture 800 volts et affichent des autonomies WLTP respectives de 906 km pour la BMW et 762 km pour la Mercedes. Des chiffres qui donnent le vertige et qui redéfinissent les attentes du segment.
Voilà le tableau comparatif de ces trois modèles sur les critères essentiels :
| Modèle | Architecture | Autonomie WLTP | Disponibilité |
|---|---|---|---|
| BMW i3 (2026) | 800V | 906 km | Disponible |
| Mercedes Classe C électrique | 800V | 762 km | Disponible |
| Audi A4 e-tron | SSP (400/800V) | Non communiqué | Printemps 2029 |
Lorsque l'A4 e-tron pointera le bout de son capot, ses rivales directes auront accumulé deux à trois ans de présence sur le marché. Les acheteurs les plus impatients auront tranché depuis longtemps. Ce type de décalage, quand on cherche à capter une clientèle fidèle et exigeante, peut laisser des traces durables sur l'image d'une marque.

La plateforme SSP, source de tous les retards
Derrière ce report se cache un problème structurel : la plateforme SSP du groupe Volkswagen, initialement attendue dès 2026, accumule elle-même près de trois ans de retard. Cette architecture commune devait introduire une électronique zonale inédite, des batteries déclinées en plusieurs formats et des technologies co-développées avec le constructeur américain Rivian. Volkswagen prévoit des déclinaisons en 400 et en 800 volts, avec une mutualisation poussée des composants entre les marques du groupe.
Les difficultés techniques persistent. Audi, qui veut faire de l'A4 e-tron une vitrine de son savoir-faire électrique, préfère patienter plutôt que de lancer un modèle insuffisamment abouti. C'est une posture compréhensible sur le fond. Reste qu'elle a un coût commercial évident.
Pour y voir plus clair sur les enjeux de ce retard, voici les principaux facteurs qui le caractérisent :
- Problèmes techniques liés à l'architecture électronique zonale de la SSP
- Intégration complexe des technologies développées avec Rivian
- Mutualisation entre plusieurs marques du groupe, qui ralentit la validation
- Volonté d'Audi de ne pas brûler les étapes sur un modèle stratégique
Quand on apprécie les machines bien finies, on comprend cette logique de perfectionnisme. Mais en 2029, arriver derrière BMW et Mercedes ne suffira plus : il faudra les dépasser sur chaque critère. L'autonomie, les équipements embarqués, le design de la carrosserie comme de l'habitacle... rien ne devra laisser à désirer. L'Audi A4 e-tron devra être irréprochable dès le premier jour, faute de quoi le retard pris aujourd'hui se transformera en handicap durable. Paradoxalement, ce délai supplémentaire offre à Audi une dernière chance d'affiner sa copie jusqu'à l'excellence.