Le constructeur automobile Stellantis vient d’annoncer une nouvelle campagne de rappel touchant 711 596 véhicules dans le monde. Cette opération concerne exclusivement des modèles équipés de motorisations diesel et fabriqués entre 2016 et 2024. Le défaut identifié porte sur un témoin lumineux défaillant qui pourrait ne pas alerter correctement les conducteurs en cas de dysfonctionnement des systèmes antipollution.
Cette situation s’ajoute aux difficultés récentes du groupe, notamment avec les fermetures d’usines Stellantis qui menacent 12 000 emplois. L’ampleur de ce rappel prouve une fois de plus les défis techniques auxquels font face les constructeurs modernes.
Sommaire
ToggleUn défaut technique aux conséquences environnementales
Le problème identifié concerne spécifiquement le voyant d’alerte MIL (Malfunction Indicator Light) qui peut refuser de s’activer lors de dysfonctionnements du système de réduction catalytique SCR ou du filtre à particules FAP. Cette défaillance ne présente pas de danger immédiat pour la sécurité des occupants, mais elle contrevient aux réglementations européennes en matière d’émissions polluantes.
Depuis le scandale du dieselgate en 2015, les autorités ont considérablement renforcé les contrôles sur les dispositifs antipollution. Un témoin défectueux empêche le conducteur de détecter rapidement une panne coûteuse du système SCR ou du FAP. Ces équipements, essentiels au respect des normes Euro 6, peuvent générer des réparations onéreuses s’ils ne sont pas entretenus correctement.
L’intervention proposée consiste en une mise à jour logicielle de l’unité de contrôle moteur (ECU). Cette opération, entièrement gratuite, nécessite moins de trente minutes en concession. Elle permettra au système de diagnostic embarqué de fonctionner conformément aux spécifications constructeur.
Répartition des véhicules concernés par marque
Les quatre marques du groupe sont touchées de manière inégale par cette campagne de rappel :
| Marque | Nombre de véhicules | Code campagne |
|---|---|---|
| Peugeot | 341 749 | MYC |
| Citroën | 250 497 | GK2 |
| Opel | 97 770 | KT2 |
| DS Automobiles | 21 130 | GK2 |
Peugeot représente près de la moitié des véhicules rappelés avec plus de 340 000 unités concernées. Cette proportion s’explique par la large diffusion des motorisations diesel sur les modèles populaires de la marque au lion. Les véhicules français constituent vraisemblablement plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, la France étant le marché domestique principal pour trois de ces quatre enseignes.

Motorisations et modèles affectés
Trois blocs diesel de l’ancien groupe PSA présentent cette anomalie technique. Le moteur 1.5 Blue HDi, déjà connu pour ses problèmes de chaîne de distribution, figure parmi les mécaniques concernées. S’ajoutent également les motorisations 2.0 HDi et 2.2 HDi, largement répandues dans la gamme Stellantis.
La période de production s’étend de 2016 à 2024, avec des variations selon les constructeurs. Cette amplitude temporelle explique le nombre considérable de véhicules touchés. Parmi les modèles concernés, on retrouve notamment :
- Chez Citroën : C3, C-Élysée, C3 Aircross, C4 Cactus, Berlingo
- Chez Peugeot : 208, 2008, 308, 3008, 508, 5008
- Chez Opel : Corsa, Crossland, Grandland, Zafira
- Chez DS : DS 3 Crossback, DS 7 Crossback
Procédure de vérification et prise de rendez-vous
Stellantis a déjà initié la sensibilisation des propriétaires concernés par courrier postal. Les conducteurs peuvent également vérifier l’éligibilité de leur véhicule via les outils en ligne dédiés aux rappels sur les sites officiels des quatre marques. Cette vérification nécessite uniquement le numéro VIN (Vehicle Identification Number) visible sur la carte grise ou à la base du pare-brise côté conducteur.
Compte tenu de l’ampleur de l’opération, l’intervention sera probablement étalée sur plusieurs mois pour éviter la saturation des ateliers. Il convient de renouveler régulièrement les vérifications, car les informations n’apparaîtront pas simultanément pour tous les véhicules. Cette approche progressive permet aux concessions de traiter efficacement chaque dossier sans compromettre la qualité du service.

