Le marché automobile chinois traverse une période de turbulences qui n’épargne pas ses champions nationaux. BYD, géant de l’électromobilité, vient d’enregistrer en janvier 2026 une chute spectaculaire de ses livraisons, avec seulement 210 051 véhicules écoulés. Cette performance représente un recul de 29,1 % par rapport à janvier 2025, un coup dur pour un constructeur habitué à une croissance à deux chiffres. Les modèles électriques accusent une baisse de 33,6 %, tandis que les versions hybrides rechargeables reculent de 28,5 %. Ce ralentissement brutal intervient après une année 2025 déjà décevante, avec 4 545 423 unités vendues, loin de l’objectif initial de 5 millions.
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ToggleUne concurrence domestique qui s’intensifie dangereusement
Sur son marché domestique, le constructeur de Shenzhen subit de plein fouet l’offensive de nouveaux acteurs particulièrement dynamiques. Des marques comme Xiaomi, Xpeng, Leapmotor ou encore Geely grignotent progressivement ses parts de marché. Cette situation n’est pas sans rappeler les bouleversements provoqués par l’arrivée massive des constructeurs chinois sur d’autres territoires. Le phénomène s’explique notamment par un changement de politique fiscale au sein de l’Empire du Milieu, où les incitations à l’achat de véhicules électrifiés ont été substantiellement réduites.
Cette érosion des ventes se poursuit depuis cinq mois consécutifs, un signal d’alarme pour un acteur qui devrait théoriquement afficher une dynamique ascendante. Certains observateurs évoquent également des pratiques contestables en matière d’immatriculations, que l’administration chinoise aurait pointées du doigt. Ces accusations d’immatriculations artificiellement gonflées jettent une ombre sur la fiabilité des chiffres communiqués précédemment.
Les marchés d’exportation comme planche de salut
Face aux difficultés rencontrées en Chine, la stratégie d’internationalisation devient cruciale pour BYD. Les exportations progressent de 51 % et représentent désormais la moitié de la production mensuelle. Cette orientation vers les marchés étrangers s’accompagne d’un repositionnement produit astucieux : plutôt que de promouvoir uniquement ses modèles 100 % électriques, jugés trop onéreux malgré leur compétitivité technique, le groupe privilégie désormais ses hybrides rechargeables au prix agressif.
Sur le Vieux Continent, cette tactique porte ses fruits. Le tableau ci-dessous illustre la performance commerciale récente :
| Modèle | Type | Position en Europe |
|---|---|---|
| Seal U DM-i | Hybride rechargeable | N°1 des hybrides rechargeables en 2025 |
| Seal 5 DM-i | Hybride rechargeable | Lancement récent |
| Sealion 5 DM-i | Hybride rechargeable | Attendu en 2026 |
L’implantation d’une usine en Hongrie est un élément distinctif clé dans cette offensive européenne. Cette production localisée au sein de l’Union européenne permet d’échapper aux droits de douane à l’importation et d’améliorer significativement la compétitivité tarifaire. Les nouveaux modèles comme les Seal 6 DM-i, Atto2 DM-i et Sealion 5 DM-i possèdent théoriquement tous les arguments pour séduire massivement.

Des interrogations sur la solidité du modèle économique
La question fondamentale reste de déterminer si cette phase de turbulences constitue un accident conjoncturel ou révèle des fragilités structurelles. Plusieurs facteurs méritent attention :
- La dépendance excessive au marché chinois, malgré les efforts d’internationalisation
- La pression accrue d’une concurrence locale particulièrement innovante
- L’évolution défavorable de la fiscalité sur les véhicules électrifiés en Chine
- Les interrogations sur la fiabilité des données commerciales antérieures
Cette situation contraste singulièrement avec la trajectoire d’un acteur qui semblait promis à une domination durable. L’automobile électrifiée reste un marché en pleine mutation, où les positions acquises peuvent rapidement s’éroder face à des challengers déterminés et technologiquement compétents.

